Nick Wheeldon

Rock À La Casbah - 'Gift' Review

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Nick WHEELDON’S DEMON HOSTS : plaisir d’offrir, joie de recevoir
Chronique (2022)

      Toujours sous influence stellaire et plus que jamais soumis aux variations climatiques, Nick WHEELDON nous offre un formidable cadeau musical. On n'a jamais été aussi proche de Noël. Une belle et grande étoile à mettre en haut du sapin.

Que serait notre Terre sans son étoile ? Rien du tout.

Que serait le monde musical sans celle d’Alex CHILTON ? Pas mieux.
Embrouilles diverses du temps de BIG STAR, disque mort-né, période beautiful loser lors de son refuge solo chez New Rose, faibles ventes (hormis avec la lettre des BOX TOPS)… rien n'empêche de nombreux artistes actuels de s’inspirer de ce génie. Ses chansons sont au-dessus de tout. Dans une récente interview maison de Nick WHEELDON, nous ne manquions pas de lui citer BIG STAR comme possible influence. Rien d’étonnant selon lui, puisqu’il avait « passé une grande partie du premier confinement entiché du Third/Sister lovers de BIG STAR ». Bien qu’il ait depuis cassé la version vinyle de ce chef-d’œuvre (enregistré en 1974, sorti dans l’indifférence en 1978 ; objet de culte depuis la réédition de 1992, merci Rykodisc ! ), l’attachement demeure. C’est le cas sur Gift, nouvel album du stakhanoviste anglais (vivant en France) que Le Pop Club Records a l’excellente idée d’éditer en ce début d’automne 2022.
 
 
U n r ê v e a m é r i c a i n

Connaisseurs et fidèles, le savent : plutôt que sa Sheffield natale, Mister WHEELDON a toujours préféré écouter les USA, et son goût prononcé pour les noms de groupe à rallonge - parfois magnifiquement tordus - l’incite à changer de sobriquet à chaque disque. Vous l’aurez deviné (sinon à quoi bon une telle entrée en matière ? ), la majeure partie des chansons de ce nouvel album est sous haute influence BIG STAR (mais pas que). Pour autant - fort heureusement ! -, lui et ses DEMON HOSTS, se garderont bien de faire du photocopillage.

Après une ouverture mid tempo toute en fragilité et délicatesse (voix haut perchée sur un fil, pluie d’arpèges, piano minimaliste sur le romantique I’ll never fall in love again), No ones, never nous place dans une Amérique rêvée du mi-temps des 70’s (piano over the top, basse sexy, refrains imparables) que l’on ne quittera jamais plus, durant ces neuf titres enregistrés en conditions live, en un jour (oui, c’est possible ! ), sur bande analogique (via un Tascam 388 pour les puristes), par Vincent HIVERT.
 

S o u f f l e e t i n t e m p é r i e s

Traversant l’espace entre les musiciens, un souffle rarement présent dans les enregistrements contemporains se ressent. Et bien souvent, le vent annonce l’orage (I am the storm), lui-même précédé du tonnerre (Hail & thunder, très LENNON - le plus américain des Fab Four). Quand cesse la grêle, juste avant que le déluge ne revienne pour nous transformer en proie de la nature (sublime Tip toe by danger, à l'orgue final addictif), rien de mieux qu’un semblant d’accalmie (Fragile minds) permettant à Nick & Co. d’embellir le paysage (Paint the town). En fin de parcours, ça ne mollit pas puisque deux grands Maîtres (Neil et Robert) sont même convoqués et réunis, sur le sable : Saint Marie se pose en nouvelle - mais néanmoins mini - Cowgirl in the sand (entrée d'un solide basse-batterie et d'une furibarde guitare épileptique à 1’38 - beware ! ) et, sur I stole the night, Bob ZIMMERMAN retrouve le vieux JEUNE On the beach.

Fougue (voix habitée, plus que généreuse, tout en décrochages - il n'y a guère que chez Ezra FURMAN que l'on retrouve cela actuellement), liberté (accordage approximatif des guitares - maillot jaune sur Saint Marie -, prise live sans overdubs, roulements de batterie garantis sans clic), cohésion (enfin, la preuve sonore d’un enregistrement où ça joue véritablement collectif) et mélodies (une belle leçon de refrains pour ceux qui ont des soucis à ce niveau) sont les mots-clefs du Gift de Nick W. et sa clique.
Un cadeau ? Oui, véritablement. Pour n’importe quelle occasion.
Une nouvelle étoile, à suivre, assurément.

 Text by bingO