Tadpoles Review, Sound of Violence
Nick Wheeldon & The Living Paintings
Tadpoles
On avait failli être inquiet : pensez donc, plus d'un an sans nouvel album de Nick Wheeldon ! Heureusement, le plus Sheffieldois des parisiens nous revient en ce mois de mars avec un nouveau disque, au titre étrange puisque Tadpoles signifie « têtards » dans la langue de Molière.
Tout comme son antépénultième sortie, Waiting For The Piano To Fall, Tadpoles a été enregistré avec les Living Paintings. Et on retrouve ce feeling « jazz gitan » que Nick Wheeldon affectionne, et qui n'est pas sans rappeler l'atmosphère de Desire de Bob Dylan, avec notamment un violon très présent. You Can't Have It All plante tout de suite le décor et sonne comme une mise en bouche d'un disque qui défile ensuite de façon étonnamment fluide. Nick Wheeldon l'indique lui-même, il chante de façon beaucoup plus posée que sur ses disques précédents, et sa voix est ainsi beaucoup moins à la limite de la rupture. Sleeping Dogs possède un refrain imparable, et débouche sur Tadpole, premier sommet de l'album, avec un duo piano/guitare de toute beauté jusqu'au final où tous les autres instruments rentrent. Calamity enfonce le clou, et on reste ébahi devant l'apparente facilité que Nick Wheeldon a de créer des chansons qu'on a l'impression de connaître depuis toujours.
Le fait que les titres de l'album aient été joués en concert pendant les deux dernières années et que l'enregistrement ait été réalisé dans les conditions du live fait d'autant plus ressortir la cohésion de l'ensemble, et on a vraiment l'impression d'être dans la même pièce que les musiciens. Patient Of Desire est typique du style Wheeldon-esque, avec une première partie parfaitement normale, et une seconde purement instrumentale qui n'a rien à voir avec la première. Et pourtant, ça fonctionne parfaitement. Hilda & Jesus s'écoule paisiblement avant un nouveau sommet constitué par Forgotten Lines, avec un piano très présent une nouvelle fois.
Contrairement à ses précédentes livraisons, Nick Wheeldon a mis sa guitare (souvent accordée... bizarrement) assez en retrait, ce qui renforce l'impression que l'on écoute un véritable groupe, et non un leader accompagné de musiciens. Sooner Or Later sonne comme si R.E.M. était de retour, avant que Summer Prey ne vienne clore l'album au bout de sept minutes et d'un final quasi instrumental improvisé par toute la bande.
Tadpoles sonne donc presque comme un disque « sage » comparé aux précédentes sorties de Nick Wheeldon, mais il possède lui aussi un charme redoutable et ne cesse de se laisser découvrir au fil des écoutes. Une réussite, une fois de plus.
par Pierre-François Long